mercredi 11 mai 2016

Hé ho, nuit debout !



Pourquoi relier deux actualités politiques si éloignées ?

En mettant à part les débordements des jours derniers qui sont le fait d'une minorité de casseurs et d’extrémistes et que les deux camps condamnent (et moi aussi !), parce qu'elles ne le sont pas tant que ça, je ne parle évidemment pas au niveau du message que chacune véhicule mais par rapport à leur racine commune à savoir : la démocratie.

"Hé ho la gauche" voit sa genèse dans la bataille électorale à venir, alors que le mouvement "Nuit debout" est né d'un rejet de la démocratie élective (au sens d'une démocratie représentative qui ne serait plus adaptée aux aspirations démocratiques des citoyens : les élus regardant les électeurs sans voir les citoyens).

  • L'un est de type Top-Bottom et l'autre de type Bottom-Up (Approches descendante et ascendante en français).
  • L'un est issue d'une impulsion verticale, l'autre prône l'horizontalité.
  • L'un utilise la caisse de résonance médiatique, l'autre utilise massivement les outils numériques (réseaux sociaux mais aussi plateformes citoyennes 2.0).
  • L'un défend la démocratie représentative contre ce qu'elle appelle l'anti-parlementarisme, l'autre ne jure que par la démocratie participative et pas seulement consultative. 

Par contre un glissement est en train de se produire, d'un côté vers une campagne électorale en vue des présidentielles 2017 (#çavamieux), de l'autre vers une convergences des luttes qui tend vers une radicalisation des positions défendues (#onvautmieuxqueça).

Chaque camp défend son point de vue en prenant ses compatriotes à témoin, chacun se réclamant plus démocrate que l'autre (suffrage universel contre citoyenneté), le point de crispation se fait autour de la loi El Khomri et du recours annoncé au 49.3 par le gouvernement mais je pense que le hiathus est plus profond que cet épiphénomène.

Il me semble que nous assistons à un basculement longtemps annoncé mais pas encore réalisé : le passage d'une démocratie représentative à une démocratie (mature ?) via le développement de la démocratie participative.

Et c'est une bonne chose, cela va dans le sens de l'histoire. La crise démocratique est grave, profonde, mais nécessaire pour sa transformation et sa régénération ! Les institutions changeront lorsque les mentalités auront changées, les mouvements pour la 6ième République (Mouvement pour la 6ième République et Convention pour la 6ième République) ont produit beaucoup d'analyses intéressantes sur le sujet, mais nous ne sommes encore qu'au milieu du gué.

Les citoyens français (au sens large, je parle ici des citoyens et non pas uniquement du peuple de Gauche) veulent reprendre leur place dans la vie de la cité, mais qu'elle peut-elle être ?
  • chez soi ? Et ne s'exprimer que via son bulletin de vote ?
  • dans la rue ? Et rejeter le système en bloc dans un manichéisme total ?
ou dans un lieu de dialogue au sein duquel élus et citoyens peuvent échanger de manière directe ?

Le numérique permet justement de mettre en place ce genre d'AGORA citoyennes, les citoyens veulent se mettre à l'ouvrage, c'est aussi aux élus d'entendre cette volonté et d'essayer de la prendre en compte pendant leur mandat.

En avant (et non #enmarche) pour redessiner les contours d'une nouvelle citoyenneté et en miroir d'une nouvelle gouvernance.


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